En période d'incertitude économique, l'esprit entrepreneurial est souvent mis à l'épreuve. La Global Entrepreneurship Week s'ouvre cette année dans un climat financier tendu, mais elle porte un message de résilience et d'innovation. En tant qu'entrepreneurs, nous sommes souvent à la croisée des chemins entre défi et opportunité, avec la tentation de se mettre à l'abri dans la sécurité d'un emploi salarié. Or, c'est précisément dans ces moments de crise que l'essence même de l'entrepreneuriat, la capacité à pivoter, à persévérer et à réussir, prend tout son sens.
La crise peut nourrir l'innovation
Quitter la sécurité d'un emploi à temps plein n'est jamais une décision prise à la légère. Mais à force d'échanger avec d'autres entrepreneurs, j'ai compris que l'entrepreneuriat n'est pas qu'un métier : c'est une manière d'être au monde.
Le phénomène est bien connu : certaines des innovations les plus importantes sont nées de récessions économiques et de bouleversements sectoriels ou sociétaux. Des entreprises tech majeures comme Uber, Spotify ou Airbnb ont toutes été fondées entre 2006 et 2009, en pleine crise financière.
En s'adaptant à un paysage mouvant, en explorant de nouvelles stratégies et en fédérant son équipe, on peut transformer une crise en tremplin. C'est dans cet état d'esprit que j'ai abordé cette année, marquée par de profonds changements dans la tech et une baisse des financements (qui a directement touché les budgets et les investissements marketing). J'en ai retiré quelques enseignements :
Chaque crise présente un défi spécifique, mais la première étape reste la même : identifier le vrai problème. Est-ce un recul propre au secteur, une tendance économique plus large, ou un changement technologique ? Pour notre boutique marketing, spécialisée dans la tech, le ralentissement économique et la transformation technologique signifiaient que les sources de financement classiques s'asséchaient et que les besoins des clients évoluaient. J'ai donc pris le temps de regarder mon activité en face pour voir comment introduire des services marketing innovants, capables de répondre au ralentissement actuel et d'anticiper les besoins futurs des clients.
Reconnaître le problème est une chose, en mesurer l'impact en est une autre. Je me suis posée la question : quels risques je prendrais à ne rien changer ? La réponse était claire : sans pivot stratégique, la croissance de Starts allait stagner.
Lorsque la manière habituelle de travailler n'est plus viable, il faut agir vite. Cette urgence peut faire sortir des cartons des idées restées au stade de la réflexion et les transformer en solutions concrètes. Les entrepreneurs sont alors poussés à agir, itérer et commercialiser leurs innovations à une vitesse qui serait presque impensable en temps normal.
Une fois une opportunité ou un axe de développement identifié, il faut passer au concret, tout en itérant. Pour mon activité de conseil, j'ai adopté une approche souple, avec des objectifs à court terme et une vraie agilité pour pivoter au rythme du marché. Cette capacité d'adaptation a été déterminante quand nous avons étendu nos services au-delà de la tech avec l'aide précieuse de mon équipe : selon le secteur, la façon d'aborder les prospects change et il faut savoir passer à l'action rapidement.
L'instinct peut pousser à protéger son pré carré, mais les crises appellent à la collaboration. L'union fait la force : en s'associant à d'autres entrepreneurs, on partage des ressources, des connaissances et surtout des réseaux. Cette approche collective peut ouvrir de nouveaux secteurs et marchés et créer des synergies qui profitent à tous. Après avoir porté Starts seule au départ, j'ai embarqué une équipe de collaborateurs et de partenaires qui complètent l'expertise et les services. Le même état d'esprit s'applique à l'IA générative, avec des technologies concurrentes que l'on apprend à manier et à intégrer pour améliorer encore les résultats des projets.
Quand on entreprend, la voix est notre plus grand atout. En temps de crise, la manière dont on parle à son public peut tout changer. C'est le moment de retravailler son message pour qu'il colle aux nouvelles priorités des clients. Authenticité et empathie dans la communication permettent de construire des relations durables.
J'étais très touchée par les amis qui, avec bienveillance, m'indiquaient que l'économie resterait difficile un certain temps et me proposaient de reprendre un poste salarié en attendant, mais j'ai décliné. J'ai alors réalisé que l'entrepreneuriat n'est pas seulement une forme professionnelle d'activité, mais un état d'esprit dont on ne se défait plus.
Alors que nous célébrons la Global Entrepreneurship Week, souvenons-nous que les crises ne sont que des chapitres dans une histoire plus longue. Ce sont des moments charnières d'innovation, de collaboration et d'évolution stratégique. Certaines des plus belles réussites d'aujourd'hui sont nées de l'adversité.
